Clémentine et Rhona, bénévoles à la prison de Rennes

 

 

Clémentine et Rhona se sont engagées à vivre leur mission auprès des personnes du monde carcéral et de leur famille. Des lieux et des moments qui leur permettent d’approcher ce monde mal connu et pourtant attachant.

 


 

Bénévole à "Ti Tomm"

 

         

      Pour Clémentine c’est une présence à l’Association bénévole de Ti Tomm

      

      (maison chaleureuse en breton), chargée de l’accueil des familles en

      

      attente de visite d’un proche incarcéré.

 

 

 

 



 

 

 

Ce lieu permet aux familles, venant de loin, de profiter d'un espace où elles peuvent parler de leurs problèmes et d'être écoutées en tout liberté et discrétion.


 

Dernièrement, un grand-père venu visiter son petit-fils me déclarait:" Merci d'être là, merci pour ce que vous faites, c'est très important pour nous".

 

J'entends encore cette maman visitant son fils, me confier sa douleur, et avec des larmes, me dire en partant:" Merci de m'avoir écoutée".

 

Parfois devinant la foi de telle ou telle personne en souffrance, il m'arrive de lui dire en toute discrétion, " J'ai entendu, j'ai compris... ce que je peux faire de mieux est de prier pour vous, pour votre fils, votre mari et que vous priiez aussi". Ce qu'elles acceptent. Dans quelques cas cette prière a été visiblement exaucée, à leur grande joie et à la mienne.


 

Visiteuse de prison

 

 

Rhona, vit sa mission directement dans le contact des détenues de la prison des femmes.

 

Comme visiteuse elle accompagne ces femmes pendant leur détention, parfois de très longue durée. La plupart ont des parcours difficiles, voire chaotiques.

 

De plus elles se trouvent éloignées de leurs proches, surtout pour les détenues d’une nationalité étrangères qui rencontrent en plus les problèmes de la langue. C’est un réconfort, pour elles de rencontrer une personne de l’extérieur qui pense à elles, qui parle leur langue et qui les écoute sans les juger ou les réduire à leur délit.

 

Comme à Ti Tomm cette écoute se fait en toute confiance et discrétion.

 

 


 

    « Quand je rencontre une détenue pour la première fois, j’ignore tout de     son  passé. Je la laisse s’exprimer, comme elle le veut. Comme à Ti Tomm, cette opportunité de s’exprimer et de se décharger est très appréciée. Avec le temps un lien assez fort, et quelquefois très intime, se tisse entre nous.

Ainsi que dit J… « Ca me fait chaud au cœur dans un monde si froid pour moi en ce moment »,

ou S… « Je suis si heureuse et émue de savoir que tu penses à moi ».

 

Je me trouve en présence de femmes qui ont blessé d’autres, mais qui portent en elles les conséquences de ces blessures. Je les accompagne dans leurs épreuves et leurs peines, mais aussi dans leurs succès et leurs évolutions. Récemment l’une d’elle que j’avais accompagnée vers la sortie m’a téléphoné pour me dire qu’elle va bien, qu’elle travaille à plein temps et qu’elle va se marier. Quel cadeau pour moi.

 

Mon insertion dans ce milieu, me permet de continuer une longue tradition de présence dans les prisons de femmes. Ici en France, de 1840 à 1973, des religieuses ont assuré la surveillance des femmes en prison. Aujourd’hui nous sommes présentes d’une autre manière.

C’est un peu assurer le rôle de pont entre l’intérieur et l’extérieur, pour dire aux femmes que même si elles ont à vivre le verdict du jugement, la société ne les a pas oubliées. En même temps ces personnes me font confiance et me permettent de vivre mon engagement d’une manière très concrète et passionnante.


 

" Les invités de dimanche "

 

 

Clémentine, elle aussi a un autre type de présence chez les femmes, ce qu’on appelle « les invités de dimanche ».

 

Une heure avant la célébration eucharistique, la rencontre a lieu dans la grande chapelle de la prison. C’est la possibilité d’écouter les unes ou les autres. Un dimanche ordinaire, les détenues peuvent être une trentaine, au moment des grandes fêtes comme Noël, une centaine.

 

La présence des invités de l’extérieur leur donnent l’occasion de partager leurs grandes souffrances, quelquefois leurs joies.


 

« Pour moi c’est une opportunité d’être émerveillée du cheminement étonnant dans la foi et la rencontre avec Jésus de certaines d’entre elles. L’occasion aussi de saisir un peu mieux la lourdeur d’un enfermement parfois très long. Cette visite du dimanche m’interpelle toujours et nourrit ma prière de louange et d’intercession. »


 

 L’Humanité Sainte du Fils de Dieu 

 

Pour Clémentine et Rhona, c’est leur manière rejoindre Jésus dans sa vie d’homme, parmi les plus pauvres et les plus méprisés de notre société. Pour elles vivre l’écoute est une manière de dire la compassion de Jésus auprès d’une humanité blessée

 

L’adresse du site Ti Tomm www.titomm.fr